La douce empoisonneuse, d’Arto Paasilinna
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Linnea Ravaska, douce et paisible retraitée, veuve d’un colonel de l’armée finlandaise qui combattit vaillamment sur le front soviétique pendant la Deuxième guerre mondiale, ne peut trouver le repos auquel elle aspire dans sa maisonnette reculée, aux côtés de son chat tant aimé : son neveu et sa bande de copains, minables délinquants noyés sous des flots de bière et misant sur la violence la plus abrupte pour parvenir à leurs fins, ne cessent de s’en prendre à elle.
Constamment vilipendée, molestée et volée de sa maigre pension, elle finit par décider un matin, suite à une agression plus violente encore que les précédentes, de s’enfuir.
Les rebondissements vont dès lors s’enchaîner, sur le mode de l’arroseur arrosé : à bout de forces, la colonelle se réfugie chez une vieille connaissance, un médecin chez qui elle met la main sur un poison, bien décidée à l’utiliser si son neveu et ses sbires venaient à la retrouver… Ce qui ne manque pas d’arriver, mais, au bout d’une série d’aventures en chaîne toutes plus désopilantes les unes que les autres, la débonnaire mamie deviendra bien malgré elle la rédemptrice vengeresse d’une humanité en perdition…
Sorte de fable menée tambour battant, à l’humour noir particulièrement bien amené, on ne s’ennuie pas à la lecture de ce récit qui m’a souvent fait songer à un « cartoon » de Tex Avery : on imagine les personnages langues pendantes, se courant après, s’en sortant (presque) toujours pour mieux revenir à la charge, avec au final, une certaine subtilité de bon aloi et des clins d’œil humoristiques nombreux…
J’ai cependant regretté le style, assez plat et manquant à mon sens d’un peu de piquant pour relever cette trépidante aventure. Une lecture légère, très divertissante et qui m’a souvent fait sourire, mais ne me laissera pas pour autant un souvenir impérissable.
Traduit du finlandais (édition originale: 1988); en poche chez Folio (2003)
