Seul dans le noir, de Paul Auster

Publié le par Caroline

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Tours et détours de la création littéraire

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Formidable conteur, maître des images et des mots qu'il leur associe: j'aime Paul Auster pour son talent incroyable de création de mondes parallèles, dans lesquels il sait nous embarquer pour nous conter les affres de la création artistique, et de l'écriture tout particulièrement. J'aime la façon dont il sait emboîter les différents étages dont ses récits sont faits, dont il donne corps à des personnages fantasques mais si réels, et dont il se met lui-même en scène, de manière intelligente et subtile.

Avec ce Seul dans le noir, je suis pourtant restée un peu retrait. J'ai eu le sentiment que l'auteur ressassait les thèmes qui lui sont chers (le cheminement de la création fictionnelle, l'emprise des personnages sur leur auteur, l'art comme un moyen de communiquer, de transmettre et d'exister) sans parvenir à vraiment se renouveller.

Le début du roman était pourtant prometteur: August Brill, critique littéraire à la retraite et double de l'auteur, peuple ses insomnies de toutes sortes d'histoires, parmi lesquelles émerge celle d'un Etat américain qui n'aurait pas connu le 11 septembre mais qui, en proie à une guerre civile, se trouve acculé à s'en remettre à un homme providentiel qui, pour abolir cette spirale infernale, doit tuer celui qui l'a fait naître, l'auteur de cette incroyable fiction...

Las, les questionnements sur la conscience américaine face au terrorisme et à la guerre en Irak ne sont qu'esquissés, et la volonté permanente de brouiller les frontières avec le réel, mais aussi de la fiction dans la fiction, finissent quelque peu par lasser. Certes, c'est là la signature de l'auteur. Mais tout lecteur qui n'en n'est pas à sa première lecture de Paul Auster le sait, et ne pourra s'empêcher de penser "oui, bien, mais encore ?!"...

Ed. Actes Sud, 2009 et en poche Babel (juin 2011)

Publié dans Un peu aimés...

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