Obscura, de Régis Descott

Publié le par delivresetdeaufraiche

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Après une déferlante de littérature ces derniers temps, j’avais envie d’un peu de noir. Attention, Féroces ne compte pas, je parle ici de noir policier, de meurtres, de cadavres et d’enquêtes rondement menées ! J’ai donc sauté sur cet Obscura, qui avait fait partie de la sélection des lecteurs du Prix du Livre de Poche 2010. Et j’ai aimé. Sans plus, mais j’ai aimé. J’ai passé de très agréables moments de lecture, même si je ne garderai pas de ce roman un souvenir impérissable.

J’ai avant tout aimé la toile de fond (c’est le cas de le dire…) de l’intrigue. Le Docteur Corbel est un jeune médecin parisien, fils d’un marchand de couleurs fournisseur de la jeune garde artistique de l’époque, est un amateur d’art passionné. Il s’emploie sans compter à soigner de son mieux sa patientèle populaire, tandis que balbutient au sein du monde médical les premiers traitements de la folie, autour de Charcot ou du Docteur Blanche et de sa clinique expérimentale. Désintéressé, idéaliste et un peu rêveur, il se désespère du manque de traitements efficaces pour les pathologies auxquelles il est confronté.

Une série de coïncidences (que j’ai trouvées assez peu crédibles, premier bémol…) le mettent sur la piste d’un tueur monomaniaque, qui met en scène des cadavres figurant les tableaux de Manet avant d’immortaliser par la photographie ces œuvres d’un genre tout particulier... Plusieurs prostituées disparaissent, intriguant notre Dr Corbel. Mais quand c’est sa femme qui est enlevée, il se mue en redoutable enquêteur pour la sauver de la démence de cet artiste raté…

Le monde de la médecine et du Paris populaire de l’époque, avec ses médecins affairés, ses filles de joie et ses familles ouvrières est particulièrement bien rendu, et j’ai aimé m’y promener le temps de cette lecture. En revanche, les personnages principaux manquent de consistance et n’échappent pas aux clichés : ainsi, si le médecin se bat avec tant d’ardeur contre la maladie, c’est qu’il a perdu sa mère enfant. Son épouse, Sibylle, est un ange de compassion et de dévouement. Leurs quatre années ensemble ont été sans nuage et le désir entre eux est sans faille… Il y en a encore beaucoup d’autres dans le même goût, mais je pense être de mon devoir de m’arrêter là !

L’intrigue policière n’est pas non plus très bien ficelée… mais cela m’a en réalité assez peu importé, car je me suis laissé porter par ce que j’ai avant tout considéré comme un roman historique réussi, plutôt que comme un glaçant thriller.

 

Editions J.C. Lattès, janvier 2009 et au Livre de Poche, mai 2010

Publié dans Un peu aimés...

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C
<br /> Merci d'être passée ici !<br /> Je partage tout à fait ton avis. J'ai aimé cette balade dans ce Paris d'un autre temps, et apprécié d'être plongée dans les balbutiements de la psychiatrie moderne... Mais l'intrigue m'a aussi<br /> semblé clairement en retrait, bien trop étiolée pour être digne d'un intérêt digne de ce nom !<br /> <br /> <br />
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Y
<br /> Comme toi, j'ai aimé le contexte social et la description du travail du médecin, mais l'intrigue n'est pas à la hauteur, trop de coïncidences pour moi aussi.<br /> <br /> <br />
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