Les pintades à New York, de Layla Demay et Laure Watrin

Publié le par Caroline

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Un American way of life au féminin bien pâlichon ...

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Dans ces "chroniques de la vie des New-Yorkaises", comme il est précisé en couverture, les auteurs, jeunes françaises expatriées à New-York depuis plusieurs années, ont voulu relater avec un oeil tout frenchie les moeurs et autres particularismes culturels et sociaux de leurs congénères américaines. Ces femmes, ce sont ces "pintades", surnom qu'elles leur ont donné en réponse aux noms d'oiseaux dont les hommes affublent régulièrement les femmes: ici, ce terme est revendiqué comme un symbole de légèreté et de liberté, valeurs inhérentes, selon elles, à la femme new-yorkaise d'aujourd'hui.

Le voyage aurait pu être dépaysant et le regard adopté, au travers du prisme des codes de la féminité, intéressant. Je n'ai rien trouvé de tout cela, car l'ensemble m'a semblé très superficiel. Les trois quarts de l'ouvrage sont consacrés aux codes de consommation de ces femmes qui semblent toujours chercher de nouveau moyens pour s'y adonner à outrance, en revendiquant une beauté toujours plus standardisée et un bien-être qui correspond à des standards très affirmés, comme l'atteste le succès des spas, massages et autres gourous de la relaxation ou du blanchiment des dents, qu'elles nous décrivent avec force détails... Evidemment, un détour par la sexualité et ses contradictions à l'américaine s'imposait, nous le retrouvons avec les joies du date et autres sex-shops de filles... Rien que de très cliché également dans la partie que j'ai pourtant trouvé la plus intéressante, celle de la "galerie de portraits": on passe de la "croqueuse de diamants" à la "pintade féministe", pour arriver à la "pintade tressée", c'est-à-dire de couleur (à vous de deviner par quel biais cette dernière est étudiée...: par sa coiffure, of course !)...

C'est peu de dire que j'ai été consternée par cette lecture, qui croit nous délecter de petites perles de vie saisies sur le vif, mais m'a plutôt assomée par des prétentions bien trop haut placées. Dans le genre, autant lire Elle, c'est bien mieux fait, mieux écrit et plus instructif, car dans ces Pintades, je n'ai rien appris que je ne connaissais... Certes, les auteurs nous livrent leurs adresses, mais celles-ci ne me seront certainement pas d'une grande utilité le jour où sur place, je chercherai un bon plan: "Crunch, chaîne de fitness clubs au 404 Lafayette Street" ou "Spa at the Madarin Oriental, où pour $1150 vous pourrez profiter du salon VIP" me laissent bizarrement de marbre...

Editions Jacob-Duvernet, 2004 et au Livre de Poche, 2008

challenge-carnet-de-voyageCatégorie continent: AMERIQUE

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S
De mon côté, je n'avais pas détesté "Les Pintades à Paris", paru après celui-ci...
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C
<br /> <br /> Je crois que ma déception est venue de la mauvaise idée que je m'en étais faite... On est très loin du carnet de voyage, l'idée est plutôt de décrire les côtés légers, décalés et un peu<br /> loufoques des us locaux... J'ai en stock les Pintades à Téhéran, et je me demande bien ce que ça peut donner <br /> <br /> <br /> <br />
H
Il faut toujours se méfier des pintades...
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C
<br /> <br /> Je crains le volatile à présent, c'est sûr !!!<br /> <br /> <br /> <br />