Le voyage d’hiver, d’Amélie Nothomb

Publié le par delivresetdeaufraiche

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Le narrateur, écrivain raté reconverti en conseiller clientèle chez EDF, se rend un jour à Paris pour y effectuer un diagnostic d’isolation et de chauffage. Une cliente un peu particulière l’y attend : une très belle femme, pour qui, bien qu’emmitouflée dans plusieurs épaisseurs de pulls, manteaux et autres écharpes tant le froid à l’intérieur de son appartement est vif, il a le coup de foudre immédiat.

Elle vit avec une autre jeune femme lourdement handicapée et manifestement débile, que Zoïle, notre narrateur, trouve absolument repoussante et, surtout, gênante dans la non-exclusivité qu’il entraperçoit de sa potentielle relation avec la belle créature qui lui a ouvert la porte… La première partie du livre, relativement intéressante ou, plutôt, pas trop déplaisante, repose sur un quiproquo : Zoïle croit être en pâmoison devant Aliénor Malèze, romancière méconnue mais talentueuse, sur l’œuvre de laquelle il s’est rué suite à cette rencontre… avant de découvrir avec rage que l’objet de son cœur se nomme Astrolabe et est l’assistante de l’écrivain, en la personne d’Aliénor, l’objet débilitant et repoussant qu’il avait aperçu dans l’appartement…

Passé ce petit rebondissement narratif, le roman s’étire pour ne rien dire et s’étiole vite dans une médiocrité pas vraiment assumée…

Zoïle veut continuer de voir l’objet de ses ardeurs, la toucher, lui vouer un attachement exclusif et surtout veut créer le cocon intime propre aux amoureux… mais Aliénor, monstrueux Cerbère, veille,  envahit le terrain, annihile toutes les possibilités et bloque les voies d’accès… Le seul moyen que va trouver Zoïle pour s’évader à deux sera un trip sous acide, dont la description occupe bien un tiers du roman. Certes, les hallucinations, c’est amusant et un peu effrayant; certes, c’est délirant et perché, mais là, c’est non : c’est dénué de tout intérêt et l’ensemble tombe complètement à plat.

On a tôt fait de comprendre que cette historiette entre deux êtres perdus, détachés du monde, qui se sont retrouvés mais pas compris ne mènerait à rien quels que soient les moyens employés.

Nul besoin donc d’en faire autant, avec les élucubrations « 11-septembresques » d’un narrateur proprement ridicule, qui se voue au détournement d’un avion pour noyer son chagrin dans une gabegie terroriste…

C’est d’autant plus affligeant que dans la mesure où rien ne décolle dans ce roman, c’est d’un cynisme appuyé que de venir nous parler d’avion, et plus encore de crash programmé sur la Tour Eiffel !

J’ai trouvé ce roman vain et assez mauvais à la lecture, et plus j’y repense, plus mon sentiment à son égard se renforce, ce qui n’est, en règle générale, pas très bon signe… Je crois même avoir été le temps de cette navrante lecture confrontée au pire dont est capable cet auteur.

 

Albin Michel, août 2009

Publié dans Pas aimés !

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F
<br /> Ton billet est plus sympa que ne semble être le livre.<br /> As-tu aimé d'autres titres de Nothomb?<br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Oui, j'ai pourtant aimé d'autres titres, je pense au Robert des noms propres, à Biographie de la Faim ou à Anthéchrista, mais alors là, je n'ai pas pu !<br /> <br /> <br /> <br />