A Girl in Paris, de Shusha Guppy

Publié le par delivresetdeaufraiche

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A Girl in Paris constitue la suite du premier opus de Shusha Guppy sur son enfance dans la Perse du Shah, que j’avais déjà beaucoup aimé. Ce second volume recueille les souvenirs de l’auteur sur son exil à Paris comme étudiante dans les années 1950. Issue d’une riche famille persane, très religieuse mais d’une grande culture, elle est envoyée en France par ses parents qui espèrent la voir revenir pétrie de culture occidentale après quelques années d’études bien sages loin de sa terre.

Petit animal apeuré et perdu au début du récit, Shusha prend au fil des pages de l’assurance et tisse sa toile dans ce Paris pittoresque, celui de Saint-Germain des Prés, de l’Alliance française et du quartier latin, des grands professeurs d’université, des foyers de jeune filles, où elle fraie son chemin entre la Sorbonne, l’aumônerie catholique et la cellule des étudiants communistes. Avide de découvrir l’âme et la culture française, elle roule sa bosse dans Paris et y noue des amitiés avec des étudiants, des professeurs, des musiciens, dont elle nous dresse une série de tableaux, tous plus truculents les uns que les autres.

De construction identique à Un Jardin à Téhéran, cette suite n’en est pas moins dépaysante.

C’est un petit musée du Paris de cette époque vu à travers les yeux d’une petite Persane, finalement pas si candide. On glane, on picore, on sourit à ses côtés et chaque chapitre nous ouvre avec bonheur une nouvelle fenêtre sur cette vie douce-amère d’étudiante exilée sans le sou, pétrie d’idéaux et avide de découvertes.

C’est une collection de souvenirs, parfois tendres, parfois cruels, relatés avec une précision, un enthousiasme et un sens de la narration tout orientaux, donnant à cet ouvrage des airs de conte pour adultes, nouvelle version du petit chaperon persan dans la forêt parisienne.

Je me suis plongée avec bonheur dans ce Paris des années 50, que j’imaginais jusqu’alors un peu gris et que je vois maintenant tout en couleurs, celles des marchés et de leurs marchandes à l’humour un peu gras, des touches de piano et des robes des professeurs de chant, des sièges et des lustres de la Comédie française, des arbres et des bassins du jardin du Luxembourg…

C'est aussi le Paris artistique et littéraire qui est ici brossé: l'auteur se lie d'amitié avec Jacques Prévert, est déçue de ses rencontres avec Aragon ou encore Ehrenbourg, publie des poèmes dans des revues d'avant-garde...

Le bouillonnement politique de ces années pré-68 court aussi tout au long de ces pages: sympathisante communiste, Shusha Guppy relate les réunions de la "cellule", la vente de l'Huma, ces amis qui les uns après les autres perdront leurs illusions.

Un vrai tourbillon qui m’a complètement entraînée dans son sillage !

 

 

Publié dans Beaucoup aimés...

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G
<br /> Ton billet me donne envie de découvrir cet auteur, je note !<br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> C'est vraiment une auteur que j'aime et que hje recommande, ses livres sont des petites perles...<br /> <br /> <br /> <br />